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Coups de coeur des Bibliothéquaires 2012

Romans

La couleur des sentiments de Kathryn STOCKETT

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

Le village de l'allemand ou le journal des frères Schiller de Boualem SANSAL

L'histoire de deux frères, Malrich et Rachel, nés de mère algérienne et d'un père allemand, et élevés par un vieil oncle immigré dans la banlieue parisienne, relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah vue à travers le regard d'un jeune Arabe ; la guerre civile des années 1990 en Algérie ; la situation des Algériens dans les banlieues françaises.

L'été meurtrier de Sebastien JAPRISOT

Eliane a décidé de venger sa mère, celle que tout le monde au pays surnommait Eva Braun parce qu’elle était venue d’Allemagne après la guerre, avec un gars qui rentrait du STO. Mais ce surnom infamant n’est pas le pire qu’elle ait dû supporter dans ce village des Alpes. L’Été meurtrier se déroule sur le rythme implacable d’une tragédie grecque, respectant les étapes d’un procès qui déboucherait fatalement sur une exécution

Electrico W d’Hervé LE TELLIER

Un photographe, Antonio, retourne à Lisbonne après dix ans d’absence. Il y retrouve le correspondant de son journal, Vincent, le narrateur de ce récit, afin de suivre le procès d’un tueur en série.  Enfant, Antonio a rencontré en une fillette, Canard, l’amour mythique, mais ce rêve de bonheur s’est déchiré. Vincent a ses raisons, peu avouables de vouloir guérir cette blessure, réparer ce qui s’est brisé, retrouver Canard. Lui qui est si peu doué pour la vie, lui qui n’achève jamais rien de ce qu’il entreprend, veut devenir l’artisan d’un destin inaccompli. Electrico W raconte les neuf jours de cette quête.  Si les tramways, comme l’Electrico W qui donne son nom au livre, suivent des rails, la vie des hommes obéit à d’autres lois.

Le déclin de l'empire Whiting de Richard RUSSO

La petite ville d'Empire Falls dans l'État du Maine a connu des jours meilleurs. Jusqu'aux années 60, elle était le siège d'une importante industrie textile qui employait la quasi-totalité de ses habitants. Aujourd'hui, le seul vestige de cette prospérité est incarné par la veuve du clan Whiting, ombre pâle mais toujours manipulatrice d'une dynastie autrefois toute-puissante. Miles Roby, le gérant du grill, observe depuis son comptoir sa ville en faillite et ses habitants souvent désœuvrés. Il est le témoin attendri de ces vies avec leurs surprises et leurs drames. La sienne n'est guère plus brillante : sa future ex femme lui confie ses tourments sentimentaux et sa fille traverse une adolescence perturbée.

Le ruban rouge de Carmen POSADAS

Le 27 juillet 1794, 9 thermidor de l'an II, à la prison de la Force, deux jeunes femmes se tiennent compagnie dans l'attente de leur dernière heure. Mais la chute de Robespierre signifie leur libération. L'une connaîtra un destin extraordinaire en devenant impératrice, l'autre sera l'une des femmes les plus adulées de la Révolution avant d'être l'égérie du Directoire. Qui était vraiment Thérésa Cabarrus ? Une aristocrate espagnole arriviste et frivole, dont la beauté faisait et défaisait les fortunes ? Une révolutionnaire éprise du sanguinaire Jean-Lambert Tallien ? Une femme courageuse qui, à Bordeaux et à Paris, sauva des centaines de têtes et contribua à mettre fin à la Terreur ? Une intrigante qui organisait des fêtes somptueuses, s'attira les faveurs de Barras et poussa Joséphine dans les bras de Bonaparte ? En prêtant sa plume à Thérésa, Carmen Posadas brosse le portrait d'une jeune femme pleine d'esprit, de générosité et d'audace.

Expiation d’Ian McEWANS

Tout commence comme une saga anodine, l'été torride de 1935, dans une vaste demeure de la campagne anglaise. Briony Tallis, une petite fille de 13 ans, zélée et pédante, attend la venue de ses cousins du Nord, réfugiés d'une amère guerre civile familiale, pour répéter la pièce de théâtre qu'elle vient de terminer à l'occasion de l'arrivée de son frère aîné. Sa sœur Cecilia s'interroge sur son avenir et flirte avec un ami d'enfance, la vie semble se dérouler selon la plus stricte normalité. Après un faux démarrage en douceur, le roman change pourtant de genre et sombre dans le drame humain le plus absolu. Un viol impuni, un innocent condamné, des complicités sordides et des conséquences irréparables pour l'ensemble des individus concernés, telle est la véritable teneur du roman d’Ian McEwan. En trois parties et un épilogue, il livre un roman sans indulgence sur l'être humain, sa veulerie, sa lâcheté et ses remords toujours trop tardifs. Une perle de noirceur.

HHhH de Laurent BINET

A Prague, en 1942, deux hommes doivent en tuer un troisième. C’est l’opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres sont chargés d’assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, planificateur de la solution finale, « le bourreau », « la bête blonde », « l’homme le plus dangereux du IIIe Reich ». Heydrich était le chef d’Eichmann et le bras droit d’Himmler, mais chez les SS, on disait : « HHhH ». Himmlers Hirn hei?t Heydrich – le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich. Tous les personnages de ce livre ont existé ou existent encore. Tous les faits relatés ont été vérifiés. Mais derrière les préparatifs de l’attentat, une autre guerre se fait jour, celle que livre la fiction romanesque à la vérité historique.

Au-delà des pyramides de Douglas KENNEDY

D'Alexandrie à Assouan en auto-stop, de l'oasis de Siwa aux bidonvilles du Caire, une fascinante plongée dans l'envers du décor, où notre apprenti écrivain voyageur va multiplier les rencontres inhabituelles : à quinze mètres du sphinx, un vendeur de Toyota dont le cœur balance entre trois épouses, le prophète Mahomet et sa collection de Mercedes ; un inquiétant pilote de felouque au cœur brisé par une Française ; des Bédouins accros à CNN ; des moines informaticiens en plein cœur du désert… Autant de confrontations hilarantes, de scènes cocasses pour les errances d'un Américain en terre musulmane. Entre récit et mémoire, une irrésistible chronique de voyage servie par l'œil et la plume aiguisés du reporter.

Le roman de l'âme slavede Vladimir FEDOROVSKY

Vladimir Fédorovski, écrivain d'origine russe, propose une ballade dans le temps et dans l'espace, éclairée par des guides étonnants. Grands aventuriers, hommes d'Etat calculateurs, amoureux passionnés ou artistes désespérés, les protagonistes de «ce roman russe» défilent sur la scène de l'Histoire comme dans le théâtre italien. Chanel et Stravinsky, Diaghilev et Nijinski, Matisse et Lydia, Olga et Picasso, Anna et Modigliani, Tchékhov, Cocteau, Soljenitsyne... Russes, Polonais, Espagnols, et bien sur Français, ils étaient jeunes, ils se cherchaient, ils s'aimaient ; ils inventèrent l'art moderne, changeant le cours du siècle. Ils étaient souvent en France, réunis par les fameuses Saisons russes (lancées il y a cent ans à Paris) et passent à travers ces pages comme une traînée de poudre d'or, mêlant la politique à la poésie, le théâtre à la littérature. A la lumière de documents récemment déclassifiés, l'auteur raconte ces histoires peu connues ou souvent inédites, permettant ainsi de découvrir les facettes insolites de l'âme slave, ses allées sombres et ses éclats. Des destins qui font rêver, un mélange de mystère, d'amour et d'évasion.

La femme au miroir d'Eric Emmanuel SCHMITT

Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale du début du siècle, Anny Lee à Los Angeles de nos jours. Trois destins, trois aventures singulières, trois femmes infiniment proches tant elles se ressemblent par leur sentiment de différence et leur volonté d'échapper à l'image d'elles-mêmes que leur tend le miroir de leur époque. Tout les éloigne de ce que la société, leur entourage, les hommes ont décidé à leur place. Anne la Flamande ressent des élans mystiques qui l'entraînent vers le béguinage. Hanna, une des premières patientes d'un disciple de Sigmund Freud, enfreint tous les codes familiaux et moraux de son temps. Anny, dont le talent annonce une fulgurante carrière d'actrice, pourrait se révolter contre le modèle hollywoodien. Or, de manière inattendue et par une suite de hasards, ces femmes vont devenir, par delà le temps, les héroïnes d'un seul et même roman

Le silence de ma mère d'Antoine SILBER

On croit que la mort éloigne, mais c'est le contraire : la mort rapproche. C'est un peu comme si en parlant de ma mère avec Anne, en repensant à elle sans cesse, je l'aimais plus et, en l'aimant plus, je la faisais revivre. Une enfance dans les années cinquante au sein d'une famille placée sous l'ombre tutélaire d'un père passionné de littérature et d'une mère à la fois crainte et admirée, peintre prometteuse tour à tour fantasque et ombrageuse. Les instants du passé remontent à la surface. Un récit intimiste sur les non-dits et les zones d'ombre d'une figure maternelle énigmatique. Une élégie à la mère disparue qui dessine le puzzle d'une enfance de l'après-guerre.

Le fils de Michel ROSTAIN

Le onzième jour après ma mort, Papa est allé porter ma couette à la teinturerie. Monter la rue du Couédic, les bras chargés de ma literie, le nez dedans. Il se dit qu’il renifle mon odeur. En fait, ça pue, je ne les avais jamais fait laver ces draps ni cette couette. Ça ne le choque plus. Au contraire : subsiste encore quelque chose de moi dans les replis blancs qu’il porte à la teinturerie comme on porterait le saint sacrement. Papa pleure le nez dans le coton. Il profite. Il sniffe encore un coup la couette, et il pousse enfin la porte du magasin. Papa ne peut plus traîner. Le teinturier débarrasse papa de la couette. Papa aurait voulu que ça dure, une file d’attente, une livraison, une tempête, juste que ça dure le temps de respirer encore un peu plus des bribes de mon odeur. Michel Rostain nous happe dans le récit d’un deuil impensable. Avec une infinie pudeur et une grande finesse, il nous entraîne dans les méandres d’un amour absolu, celui d’un père pour son fils.

Le Turquettode Metin ARDITI

Se pourrait-il qu'un tableau célèbre, dont la signature présente une discrète anomalie, soit l'unique œuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne. Un égal du Titien ou du Véronèse. Né à Constantinople en 1519, Elie Soriano a émigré très jeune à Venise, masqué son identité, troqué son nom pour celui d'Elias Troyanos, fréquenté les ateliers du Titien, et fait une carrière exceptionnelle sous le nom de Turquetto : le "Petit Turc", comme l'a surnommé Le Titien lui-même. Metin Arditi retrace le destin mouvementé de cet artiste, né juif en terre musulmane, nourri de foi chrétienne, qui fut traîné en justice pour hérésie.

Le CV de Dieu de Jean-Louis FOURNIE

Le ciel était fini, la terre était finie, les animaux étaient finis, l’homme était fini. Dieu pensa qu’il était fini aussi, et sombra dans une profonde mélancolie. Il ne savait à quoi se mettre. Il fit un peu de poterie, pétrit une boule de terre, mais le cœur n’y était plus. Il n’avait plus confiance en lui, il avait perdu la foi. Dieu ne croyait plus en Dieu. Il lui fallait d’urgence de l’activité, de nouveaux projets, de gros chantiers. Il décida alors de chercher du travail, et, comme tout un chacun, il rédigea son curriculum vitae..

Comment peut-on être Français ? de Djavann CHAHDORTT

Une petite fille évoque son départ d'Iran, sa nombreuse famille : 64 frères et sœurs et son arrivée en France. Entre attachement au pays neuf et sentiment de l'exil, elle dit, la difficulté à s'intégrer et la nostalgie du monde perdu de la Perse de l'enfance. Une sorte de conte philosophique qui répond aux«Lettres persanes»de Montesquieu avec un regard distancié mais affectueux sur la France.

Rosa Candida d’Audur Ava OLAFSDOTTIR

Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljótur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte. En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de VIGAN

Dans son dernier livre, Delphine de Vigan plonge au cœur de sa mémoire familiale, dans un récit qui évoque la vie et le suicide de Lucile sa mère, troisième enfant d’une grande fratrie. Elle y décrit un très beau portrait de sa relation mère/fille à travers les témoignages des uns et des autres, de photos et de documents dans une enquête haute en couleur et en douleur où l’on découvre la maladie de Lucile, diagnostiquée bipolaire à l’âge de 30 ans. Une enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis.

etite sœur mon amour de Joyce Carol OATES

S’emparant d'un fait-divers, un mystère jamais résolu, qui bouleversa l'Amérique - l'assassinat le soir de Noël 1996 de la petite JonBenet Ramsey, six ans et demi, célèbre mini-Miss vedette de concours de beauté -, Joyce Carol Oates reconstruit l'affaire qu'elle n'hésite pas, elle, à dénouer. Une histoire effarante racontée dix ans après par le frère de la victime. La petite fille s'appelle maintenant Bliss, c'est une championne de patinage sur glace, l'enfant adoré de ses parents, la coqueluche d'un pays, la soeur aimée et jalousée par son frère, son aîné de trois ans, Skyler. Skyler qui, depuis le meurtre, a vécu dans un univers de drogues, de psys et d'établissements médicalisés. Agé aujourd'hui de dix-neuf ans, il fait de son récit une sorte de thérapie. Ses souvenirs sont à la fois vivaces et disloqués. Peu à peu émerge le nom du coupable : est-ce le père - homme d'affaires ambitieux, la mère - arriviste forcenée, un étranger cinglé ou bien... le narrateur lui-même ? Un chef-d’œuvre hallucinant, un dépeçage au scalpel de l'âme humaine et de l'horreur ordinaire...

Le soupirant de Charlotte LINK

Quand une femme à la dérive rencontre un homme trop parfait pour être honnête... Depuis qu'une inconnue est morte à ses pieds après s'être défenestrée, Leona reste traumatisée. Hantée par ce drame, elle se lie d'amitié avec Robert, le frère de la victime. C'est dans ces circonstances que Wolfgang, son mari, choisit de la quitter. Profondément déprimée, Leona succombe peu à peu au charme du ténébreux Robert. Mais que sait-elle, au juste, de celui que Wolfgang surnomme ironiquement son " soupirant " ? Une fois de plus, Charlotte Link distille l'angoisse par touches subtiles, dans un crescendo inquiétant.

Féroces de Robert GOOLRICK

Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C’étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l’esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c’était la seule chose qu’ils prenaient au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d’ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker. Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi : on ne parle jamais à l’extérieur de ce qui se passe à la maison. A la maison, il y avait des secrets. Les Goolrick étaient féroces.

Olivier de Jérôme GARCIN

Olivier était le prénom du frère jumeau de Jérôme Garcin. A l’âge de cinq ans Olivier fût fauché par une voiture et ne survécut pas à l’accident. Malgré les années, le souvenir de ce frère n’a jamais quitté Jérôme Garcin. Double de lui-même, Olivier a grandi en lui, en même temps que lui. Une présence fantomatique qui lui a donné très tôt le goût de la solitude, et un étrange rapport à l’existence.  Cette singulière cohabitation avec un disparu, Jérôme Garcin nous en fait ici le récit, de l’enfance à sa vie d’adulte. Olivier est un livre très émouvant et intime, portrait d’une enfance brisée, que Jérôme Garcin révèle pour la première fois après l’avoir longtemps gardée enfouie.

Tout, tout de suitede Morgan SPORTES

Vous qui entrez ici, laissez toute espérance. Ce livre est une autopsie: celle de nos sociétés saisies par la barbarie. En 2006, après des mois de coups tordus et d’opérations avortées, une petite bande de banlieue enlève un jeune homme. La rançon exigée ne correspond en rien au milieu plutôt modeste dont ce dernier est issu. Mais le choix de ses agresseurs s’est porté sur lui parce que, en tant que Juif, il est supposé riche. Séquestré vingt quatre jours, soumis à des brutalités, il est finalement assassiné. Les auteurs de ce forfait sont chômeurs, livreurs de pizzas, lycéens, délinquants. Certains ont des enfants, d’autres sont encore mineurs. Mais la bande est soudée par cette obsession morbide: «Tout, tout de suite.» Morgan Sportès a reconstitué pièce par pièce leur acte de démence. Sans s’autoriser le moindre jugement, il s’attache à restituer leurs dialogues confondants d’inconscience. Indigence intellectuelle et morale au milieu de l’indigence architecturale et culturelle: il n’y a pas de mot pour décrire l’effroyable vide que la société a laissé se creuser en son sein, et qui menace de l’aspirer tout entière.

Le chevalier d’Eon d’A. S. SYLVESTRE

L'histoire du jeune espion de Louis XV qui se faisait passer pour une femme. Dans ce premier volume de la trilogie, Eon prête serment et commence son entraînement pour une mission secrète de plusieurs mois à l'étranger. Roman pour adolescents.

Policiers

Les anonymes de R. J. ELLORY

Washington. Quatre meurtres. Quatre modes opératoires identiques. Tout laisse à penser qu'un serial killer est à l'œuvre. Enquête presque classique pour l'inspecteur Miller. Jusqu'au moment où il découvre qu'une des victimes vivait sous une fausse identité, fabriquée de toutes pièces. Qui était-elle réellement ? Ce qui semblait être une banale enquête de police prend alors une ampleur toute différente et va conduire Miller jusqu'aux secrets les mieux gardés du gouvernement américain.

Proies de Mo HAYDER

Novembre dans le Somerset. Alors qu’elle déposait ses courses dans le coffre de sa voiture, une femme est jetée au sol par un individu affublé d’un masque de père Noël qui prend la fuite à bord du véhicule. Selon la police, pour qui il ne s’agit que d’un banal fait divers, l’agresseur ne s’est sans doute pas rendu compte de la présence d’une fillette sur la banquette arrière. Mais, tandis que l’enfant reste introuvable et qu’une deuxième petite fille disparaît dans les mêmes circonstances, le scénario s’assombrit. Le ravisseur ne tarde d’ailleurs pas à se mettre en contact avec la police… À nouveau, le commissaire adjoint Jack Caffery et le sergent Flea Marley plongent dans l’horreur à l’état pur…

Casco Bay de William G. TAPPLY

Sept ans après le mystérieux accident qui a effacé sa mémoire, Stoney Calhoun a repris sa paisible existence de guide de pêche, partagée entre la boutique de la belle Kate Balaban et sa cabane isolée dans les bois du Maine. Jusqu'au jour où, sur une île inhabitée de Casco Bay, il découvre un cadavre entièrement carbonisé. Peu de temps après, le client qui l'accompagnait est assassiné. Malgré ses réticences, Calhoun est entraîné dans l'enquête du shérif Dickman et ses vieux réflexes reviennent. Casco Bay, la deuxième aventure de Stoney Calhoun, nous emmène une nouvelle fois dans les paysages marins du Maine qui laissent peu à peu resurgir les fantômes d'un passé menaçant.

L’enfant allemand de Camilla LACKBERG

La jeune Erica Falck a déjà une longue expérience du crime. Tandis qu'elle entreprend des recherches sur cette mère qu'elle regrette de ne pas avoir mieux connue et dont elle n'a jamais vraiment compris la froideur, Erica découvre, en fouillant son grenier, les carnets d'un journal intime et, enveloppée dans une petite brassière maculée de sang, une ancienne médaille ornée d'une croix gammée. Pourquoi sa mère, qui avait laissé si peu de choses, avait-elle conservé un tel objet ? Voulant en savoir plus, elle entre en contact avec un vieux professeur d'histoire à la retraite. L'homme a un comportement bizarre et se montre élusif. Deux jours plus tard, il est sauvagement assassiné...

Avant d’aller dormir de Steve WATSON

À la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent.

Hypothermie d'ARNALDUR INDRIDASON

Un soir d'automne. Maria est retrouvée pendue dans son chalet d'été sur les bords du lac de Thingvellir. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite d'une amie de cette femme qui lui affirme que ce n'était pas "le genre" de Maria de se suicider et qui lui remet une cassette contenant l'enregistrement d'une séance chez un médium que Maria était allée consulter pour entrer en contact dans l'au-delà avec sa mère. Celle-ci lui avait promis de lui envoyer un signe. Aussi dubitatif que réticent, le commissaire Erlendur, troublé, se sent obligé de reprendre l'enquête à l'insu de tous. Il découvre que l'époux de Maria n'est pas aussi fiable qu'il en a l'air, et ses investigations sur l'enfance de la suicidée, ses relations avec une mère étouffante vont le mener sur des voies inattendues semées de secrets et de douleur. Obsédé par la disparition, sceptique, bourru au cœur tendre, Erlendur poursuit sa recherche sur lui-même et rafle tous les suffrages des lecteurs.

Documents

Le cycliste perdu, le tour du monde d’un aventurier et sa mystérieuse disparition de David V. HERLIHY

Au printemps 1892, l'américain Frank Lenz commence un tour du monde à vélo comme correspondant du magazine Outing. Deux ans plus tard après avoir parcouru trois continents, il arrive en Europe pour la fin de son périple. C'est alors qu'il disparaît en Turquie orientale, obligeant le magazine à envoyer un autre cycliste, William Sachleben, sur ses traces.

La 13ème tribu d'Arthur KOESTLER

« A l’époque où Charlemagne se fit couronner empereur d’Occident, l’extrémité orientale de l’Europe, entre le Caucase et la Volga, était dominée par un État juif connu sous le nom d’Empire khazar… » Ainsi débute le récit d’Arthur Koestler sur l’une des plus passionnantes énigmes des temps médiévaux. En historien novateur, il retrace méticuleusement l’épopée des Khazars, de leurs origines à leur déclin. S’attardant sur la composition de la mosaïque ethnique de ce peuple guerrier et sur ses mythes, l’auteur dépeint un monde méconnu qui contribua à façonner la destinée de l’Europe médiévale. Aux confins des mondes occidentaux et orientaux, à une époque riche en épopées guerrières, l’autorité khazare est le seul exemple concret d’un État juif avant la fondation de l’Israël contemporain.

Le trésor des savoirs oubliés de Jacqueline de ROMILLY

Chacun de nous a déjà remis en question ce qu'il a dû apprendre dans ses cours d'enseignement général : à quoi bon perdre son temps à étudier des choses qu'on aura oubliées le lendemain ? Loin d'être marginale, cette interrogation est de nos jours considérée avec sérieux.  Or selon Jacqueline de Romilly, les connaissances et les lectures qu'on nous a imposées, si elles ne demeurent pas intactes dans notre mémoire, ont du moins structuré notre esprit. De surcroît, il existe de nombreuses nuances de connaissance, entre le " savoir précis " et l' " oubli total ", et ces données qui demeurent sous une forme ou sous une autre dans notre mémoire pourraient être récupérées par une sorte de " psychanalyse du bien "...  Jacqueline de Romilly, membre de l'Académie française, professeur au Collège de France et à l'École Normale Supérieure, helléniste reconnue et auteur entre autres de plusieurs ouvrages sur l'enseignement, écrit cet essai alors qu'elle a perdu la vue depuis un an. Cette impossibilité de vérifier ses connaissances en consultant librement les livres a sans doute largement contribué à sa riche réflexion sur la question importante de l'enseignement scolaire. 

Adolfo Kaminsky, Une vie de Faussaire de Sarah KAMINSKY

Quand, à 17 ans, Adolfo Kaminsky devient l'expert en faux papiers de la Résistance à Paris, il ne sait pas encore qu'il est pris dans un engrenage infernal, dans une course contre la montre, contre la mort, où chaque minute a la valeur d'une vie. Durant trente ans, il exécutera ce méticuleux travail de faussaire pour de nombreuses causes, mais jamais pour son propre intérêt.  À travers son destin romanesque, et sous la plume de sa fille Sarah, on plonge au coeur d'une histoire de clandestinité, d'engagement, de traque et de peur. En arrière-plan du récit de sa vie se dessine le spectre d'un siècle où s'affrontent sans merci pouvoirs politiques, haines raciales, idéologies et luttes des peuples pour leur liberté et la dignité humaine. S'il a rejoint des causes en apparence contradictoires, Adolfo Kaminsky est toujours resté fidèle à ses convictions humanistes, à sa volonté de bâtir un monde de justice et de liberté.