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Salle exposition MPT

ESPACE EXPOSITIONS    2019-2020

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Céramique    Maëlenn    LE CLAINCHE

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25 février au 14 mars 2020

Maëlenn    LE CLAINCHE

Céramique

Démarche Artistique

Ma démarche artistique part d’une recherche d'absolu à travers le travail de la matière, un retour à une certaine simplicité empreinte de douceur. C'est une invitation à l’évasion à travers des paysages émotionnels, afin de mettre en couleur un espace rêve.

Née en bord de mer mais habitant aujourd’hui en ville, je me trouve éloignée de la nature et prise dans un rythme de vie stimulant et vertigineux qui me fait perdre la notion du temps. La céramique m’oblige à ralentir, une fois dans l’atelier, La matière me rappelle que c’est elle qui dirige, qu’il y a un temps pour tout et que ce temps est nécessaire.

Cette démarche expérimentale me permet d'élaborer des recettes uniques me permettant de m'évader à travers les effets de matières que nous offre cet art du feu. Ma passion pour l'émail grandissant, je me suis trouvée dans l'impossibilité de faire des pièces en série. Chaque pièce perdait de son sens dès qu'elle était répétée. La nécessité de pousser les limites de la matière pour que chaque création soit unique a rapidement pris le dessus sur la notion de production.

J'ai commencé à photographier chaque création sortant du four, les unes après les autres, afin de garder une empreinte de chacune d'elle.
La photographie me permet de poser un regard neuf sur les pièces à travers l'objectif, d'avoir un autre point de vue. Ce travail de mise en scène m'a amenée à travailler sur des miroirs. Le reflet des couleurs et des lignes m'offre un troisième point de vue et une nouvelle dimension.

Des paysages se dessinent, racontent une histoire, m'emportent dans un rêve silencieux. La photographie a peu à peu pris une place très importante dans ma démarche jusqu’à devenir ma source d'inspiration. Toutes ces recherches m'offrent une nouvelle vision de la vie et des détails, un nouveau regard sur la lumière, les ombres, les reflets, les reliefs, les creux… J'observe les choses différemment.

Maëlenn

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Jouda   GOMRI

calligraphie


Pensée comme une longue conversation avec le trait de la calligraphie arabe, l'exposition évoque d'abord un souvenir apaisant d'une sagesse ancestrale qui remonte à la surface d'une mémoire menacée.' Remue !' en est le mot d'ordre, celui qui incite à l'action, à l'opposition face à un système mutant qui tend à s'installer.

A travers ce travail artistique engagé, Jouda GOMRI confronte le désordre de son monde intérieur au désordre du monde qui l'entoure aux moments des attentats de Paris et de Tunis en 2015.

Dans le brouillard de la sidération, le trait de la calligraphie arabe devient pour elle, le support d'un signe qui lui échappe, d'un message incompréhensible. Comme si les lettres changeaient d'aspect.
Elle entreprend alors un long travail d'investigation.
Elle interroge le trait de multiples manières, pour tenter de saisir les éléments constants qui résistent aux perturbations subies.
Elle agit alors sur les outils et les supports puis elle introduit des changements infimes dans le processus qui interviennent sur la durée du geste ou sa répétition prolongée ou bien sur la saturation de la surface par compression...

Dans ce rapport particulier au trait, Jouda Gomri, remue. Elle va plus loin et engage le corps tout entier. La trace est celle d'un mouvement qu'on s'approprie, celle d'une vibration sur un rythme qui prend le dessus sur les mouvements contrôlés comme pour atteindre cette zone de la mémoire qui n'a pas été touchée par le désastre. Celle qui a pu, par des circuits qu'on ignore encore, fixer un sens profond, une harmonie qui procure une sensation indélébile. 'Les mots m'échappent et les signes s’imprègnent d'un message étrange. Un trait m'interpelle. Il est rouge, vif, entaché et maladroit. Avec un calame mal taillé, il me fait écrire des signes indéchiffrables. Il cherche à extérioriser, par le geste, ce qui n'a pas été digéré, ce qui n'a pas été exprimé, ce qui n'a pas été supportable de dire avec des mots. La douleur a son langage. Les mots résonnaient, dans mon esprit comme des sons privés de sens. Puis deux lettres arrivent à se soustraire du chaos, 'Lam, Alif' ? '?'?les seuls qui arrivent à coucher sur le papier un signe du 'NON'. Celui là me parle, alors j'y mets toute ma force et toute l'énergie que j'ai pu réunir. C'est le NON d'une chute vertigineuse avant de s'abattre sur le sol, celui du refus, de la colère et puis de la désolation et après coup, c'est le NON de l'opposition, de la détermination...

Dans sa fragilité, le papier se rétracte à la réception de la peinture épaisse qui s'abat sur lui comme une nouvelle fracassante. Il résiste contre toute attente.

Sur le papier d'à côté, une autre mise en récit se dessine offrant un angle de vue différent, macroscopique cette fois. Le choc est intégré. Il est mis à distance par un trait qui se mesure à la fracture. Le trait du diagnostic. Celui qui nous apprend qu'un génome a muté. Celui qui nous traduit avec des signes les ravages du monstrueux développement du mal.
Un trait qui relate l'effroi que procure l'éclatement de la structure de notre univers, de notre être. C'est le '?', 'wow' qui est touché, cette lettre de liaison le 'et'. Celle qui relie, qui attache. Entre le mot 'Sois !', l'origine de la création et le mot 'univers' la différence est un '?', 'wow', et c'est celui là qui a été visé. Entre mon monde et l'univers qui représente mon socle, qui est relié à mon être, c'est la liaison qui a flanché. A t-t-elle rendu son dernier mot ?

Je reprends mes traits et laisse exprimer un autre ordre qui refait soudai, surface. Un ordre obéissant à d'autres ressources, le trait devient téméraire, vif et entreprenant. Il exprime avec force une autre organisation. Comme pour réfléchir un sens caché qui a échappé au désastre. '